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                    FULL METAL SURFING

 

 

 

      

 

Le peintre a ses pinceaux, ses couteaux...

Le sculpteur a ses marteaux, ses ciseaux...

Le musicien a ses guitares, ses saxophones ...

Le photographe a ses appareils, ses objectifs...

Ces outils permettent à l’artiste de rendre intelligible ses sensations, ses émotions par la réalisation d’oeuvres d’art.

 

Le surfeur a ses planches, ses dérives...

 

 

          

 

 

La planche de surf est l’outil par excellence, comme les pinceaux pour le peintre.

Le surfeur trace ses courbes sur la vague, par le biais de sa planche.

C’est le vecteur des échanges d’énergies, créant sensations et émotions entre la vague et l’humain.

 

De rares et « sacrées » les planches sont devenues de nos jours un banal objet de consommation. Produits en grande quantité, avec des standards pour une accessibilité à tous.

La planche n’est plus cet objet si particulier, attendu longtemps et pour lequel nous prenions tous les soins utiles.

 

      

 

On parle du « style de vie des surfers »,  de la « quête de la vague », « les  églises » sont appelées « spots »...

Il y a donc une « foi » dans le surf.

 

C’est à travers le recouvrement de planches par du métal, matériaux très résistant, que je donne une autre dimension aux planches. Plus intemporel

On peut y trouver des références au Surfer d’Argent, au Nautilus du Capitaine Nemo .....

Leur aspect « industriel » cache en fait un travail manuel long et précis (il faut compter cent cinquante heures pour la réalisation du Malibu cuivre I par exemple).

 

 

           

 

Ces outils pour surfer se métamorphosent ainsi en des icones, des totems modernes à notre pratique.

 

Tout ceci met en valeur l’objet, ces contours déterminant la qualité de la glisse sur la vague et celle de l’œil sur l’œuvre.

 

Benoît Alcouffe.

 

 

        

 

                             Pour le surf.

                        L'objet en lui-même et pour lui-même.

On peut dire que l'art contemporain est l'art de la sacralisation de l'objet.

Depuis l'avènement du concept de "ready made"(1913), Marcel Duchamp s'impose avec ses objets manufacturés "déjà tout fait". Annonciateur, précurseur et Saint Sauveur d'un art qui aurait pu se prendre trop au sérieux, il inspirera, de près ou de loin, tous les artistes du XX siècle.

Pour ne parler que des Nouveaux réalistes (Arman, César, Hains/Villeglé, Klein...) ou des Pop artistes comme Warhol (boite de soupe Campbel, bouteille de Coca), l'objet est sur le devant de la scène.

 Les uns en transformant et recyclant les objets, les autres en les érigeant au rang d'icône, les uns dénonçant les travers de la société de consommation, les autres en la défendant et en profitant des rouages de celle-ci.

 

Le surf de zinc, le surf d'argent, le surf d'or, de cuivre n'est plus un surf.

Il représente un surf. Il devient l'essence de l'objet du surf.

Benoit  travaille dans le même sens que Christo et Jean Claude, il recouvre l'objet pour mieux le révéler, il le cache pour mieux le montrer.

Au lieu d'utiliser des draps noués avec des cordes, Benoit utilise un matériau dur,

résistant, il assemble du métal.

 La pose implique une tension, redéfinissant le volume de l'objet, soulignant et amplifiant ses lignes. Le surf n'est plus blanc, anonyme ressemblant comme deux gouttes d'eau a celui posé a côté de lui.

Benoit lui donne une identité, le sortant de son anonymat.

A l'instar de René Magritte, qui signais un petit tableau représentant une pipe,

"Ceci n'est pas une pipe", Benoit semble vouloir nous dire "ceci n'est pas un surf", mais plutôt "ceci est l'esprit du surf".

 

Cyril Amouroux.

Professeur d’art plastique.